Elégie
à la Mémoire des Victimes de la petite ville d’Amatrice
et plusieurs autres Communes du Centre de l’Italie
I
Sur le sentier
qui s’enchevêtre, sur le rouge
Rocher, dans la plaine monotone,
Il ne reste plus
un vestige de verdure,
Plus un bri d’herbe, plus une ronce.
Seul suspend sa
dernière dépouille
Le lierre sec,
sur la muraille sombre;
L’autan à son pied hulule
Et craquent les meules de paille sèche.
Vient le soir cendreux et froid
Et une
accablante désolation
S’étend sur la Mer
et sur la Terre.
On n’entend
nulle Vie. Seul,
Dans le triste
déclin du jour,
Criaille sur la
friche le coucou grisâtre.
II
Quelle profonde
tristesse dans le paysage!
Au souffle destructeur et cinglant de la bise
Tout mouvement dans la campagne s’est arrêté,
Les arbres ont gémi dans leurs troncs et leurs
branches.
Plus de nids, de chants ni de feuillage,
On n’entend plus ni murmure ni voix:
À peine, au bord
du lac qui frémit,
Le cri
rugueux du canard sauvage.
Dans les régions où le Tronto déchaîne
Sa
fureur et avec fracas se précipite,
Sans trêve, sans répit, c’est le givre et la pluie;
Tandis que se
déploie immensément,
Tragique,
illimitée, déseespérante,
La blancheur
sépulcrale de la neige.
III
S’il règne une
solitude aussi glacée
Sur la Mer, sur
la Terre et dans le Ciel,
Si le ruisseau
limpide a suspendu son cours,
Si le rosier ne
se balance plus dans la prairie,
Ah! N’allons
point penser que la Vie se meure:
Ensevelie dans son voile blanc,
Dessous la croûte
opaque de la glace
Attend une
immortelle résurrection.
Mais qui donc peut ouïr
les mystérieuses
Voix qu’élève en mystique
murmure
Le sein le plus sectet des
choses?
Rien ne
succombe: le germe caché,
La chrysalide
enveloppée dans son cocon,
La cellule et le
grain... Tout dort!
Daniela Zini
Rome, le 27 août
2016

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