sabato 27 agosto 2016

ELEGIE A LA MEMOIRE DES VICTIMES DE LA PETITE VILLE D'AMATRICE ET PLUSIEURS AUTRES COMMUNES DU CENTRE DE L'ITALIE de Daniela Zini



Elégie
à la Mémoire des Victimes de la petite ville d’Amatrice et plusieurs autres Communes du Centre de l’Italie

I
Sur le sentier qui s’enchevêtre, sur le rouge
Rocher, dans la plaine monotone,
Il ne reste plus un vestige de verdure,
Plus un bri d’herbe, plus une ronce.

Seul suspend sa dernière dépouille
Le lierre sec, sur la muraille sombre;
L’autan à son pied hulule
Et craquent les meules de paille sèche.

Vient le soir cendreux et froid
Et une accablante désolation
S’étend sur la Mer et sur la Terre.

On n’entend nulle Vie. Seul,
Dans le triste déclin du jour,
Criaille sur la friche le coucou grisâtre.
II
Quelle profonde tristesse dans le paysage!
Au souffle destructeur et cinglant de la bise
Tout mouvement dans la campagne s’est arrêté,
Les arbres ont gémi dans leurs troncs et leurs branches.

Plus de nids, de chants ni de feuillage,
On n’entend plus ni murmure ni voix:
À peine, au bord du lac qui frémit,
Le cri rugueux  du canard sauvage.

Dans les régions où le Tronto déchaîne
Sa fureur et avec fracas se précipite,
Sans trêve, sans répit, c’est le givre et la pluie;

Tandis que se déploie immensément,
Tragique, illimitée, déseespérante,
La blancheur sépulcrale de la neige.

III
S’il règne une solitude aussi glacée
Sur la Mer, sur la Terre et dans le Ciel,
Si le ruisseau limpide a suspendu son cours,
Si le rosier ne se balance plus dans la prairie,

Ah! N’allons point penser que la Vie se meure:
Ensevelie dans son voile blanc,
Dessous la croûte opaque de la glace
Attend une immortelle résurrection.

Mais qui donc peut ouïr les mystérieuses
Voix qu’élève en mystique murmure
Le sein le plus sectet des choses?

Rien ne succombe: le germe caché,
La chrysalide enveloppée dans son cocon,
La cellule et le grain... Tout dort!


Daniela Zini
Rome, le 27 août 2016
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